
L’installation d’une baignoire représente un projet d’envergure dans l’aménagement d’une salle de bain, nécessitant une expertise technique et une connaissance approfondie des normes en vigueur. Qu’il s’agisse de remplacer un équipement vieillissant ou d’intégrer une nouvelle baignoire dans un espace fraîchement rénové, cette opération exige une préparation minutieuse et le respect de protocoles précis. Une pose mal réalisée peut entraîner des problèmes d’étanchéité, des désordres structurels ou encore des dysfonctionnements du système d’évacuation. Selon les données du secteur sanitaire, près de 35% des interventions correctives sur les baignoires sont liées à des erreurs lors de l’installation initiale, ce qui souligne l’importance d’une mise en œuvre rigoureuse dès le départ.
Diagnostic et préparation de l’emplacement avant l’installation
Avant d’entreprendre toute installation, vous devez réaliser un diagnostic complet de l’emplacement prévu pour accueillir votre baignoire. Cette étape préparatoire conditionne la réussite de l’ensemble du projet et prévient les complications ultérieures. L’environnement d’installation doit répondre à des critères techniques stricts pour garantir la pérennité de l’équipement.
Vérification de la solidité du plancher et calcul de la charge admissible
La première préoccupation concerne la capacité portante du plancher. Une baignoire standard de 170 litres remplie d’eau pèse environ 170 kg, auxquels s’ajoutent le poids de la baignoire elle-même (entre 30 et 80 kg selon le matériau) et celui des utilisateurs. Au total, vous devez considérer une charge statique pouvant atteindre 400 à 500 kg. Les planchers en bois nécessitent une attention particulière : la résistance minimale recommandée est de 150 kg/m² pour une distribution uniforme. Dans certains cas, notamment pour les baignoires balnéo ou les modèles en fonte, un renforcement de la structure par des solives supplémentaires s’avère indispensable.
Contrôle de la planéité du sol avec niveau laser et rectification des irrégularités
La planéité du sol influence directement la stabilité de la baignoire et l’efficacité du système d’évacuation. Utilisez un niveau laser rotatif pour détecter les variations de hauteur sur l’ensemble de la surface d’installation. Les tolérances admissibles se situent généralement à ±3 mm sur une portée de 2 mètres. Les irrégularités importantes doivent être corrigées par un ragréage autolissant adapté aux environnements humides. Cette opération garantit une répartition homogène des charges et prévient les tensions mécaniques susceptibles d’endommager la baignoire à long terme.
Inspection du système d’évacuation existant et compatibilité avec le siphon
L’examen du réseau d’évacuation existant constitue une étape cruciale. Vérifiez le diamètre de la canalisation principale, qui doit être au minimum de 40 mm pour une baignoire standard, et idéalement de 50 mm pour les modèles à évacuation rapide. Contrôlez également l’état des tuyaux : la présence de corrosion, de dépôts calcaires ou de fissures nécessite un remplacement avant l’installation. La distance entre le point d’évacuation de la baignoire et le raccordement principal ne devrait pas excéder 3 mètres pour maint
…tenir une pente suffisante et limiter les risques d’engorgement.
Contrôlez également la hauteur disponible sous la baignoire pour la mise en place du siphon et du flexible de liaison. Une garde d’eau minimale de 50 mm est recommandée pour limiter les remontées d’odeurs. Assurez-vous enfin que le système d’évacuation existant est accessible via une trappe de visite ou un espace technique : en cas d’intervention ultérieure, cette accessibilité fera toute la différence entre une simple maintenance et un chantier lourd.
Analyse du réseau d’alimentation en eau chaude et froide selon normes DTU 60.11
Le réseau d’alimentation en eau chaude et froide doit être vérifié conformément aux prescriptions du DTU 60.11. Commencez par identifier le diamètre des canalisations : en résidentiel, une baignoire est généralement alimentée en cuivre Ø 12/14 mm ou en multicouche Ø 16 mm, ce qui garantit un débit confortable. Contrôlez la pression statique au point de puisage, idéalement comprise entre 2 et 3 bars pour un fonctionnement optimal du mitigeur thermostatique.
Vérifiez ensuite la présence de dispositifs de sécurité : clapets anti-retour, réducteur de pression en cas de pression trop élevée et limiteur de température pour éviter les risques de brûlure. Si vous intervenez sur une installation ancienne, profitez-en pour remplacer les robinets d’arrêt par des modèles quart de tour, plus fiables et plus faciles à manœuvrer. Enfin, anticipez le passage des alimentations jusqu’au pied de baignoire ou jusqu’à la colonne de robinetterie selon le type de pose : un cheminement le plus rectiligne possible limitera les pertes de charge et les risques de bruit dans les canalisations.
Choix et dimensionnement du système d’évacuation pour baignoire
Le dimensionnement du système d’évacuation conditionne la rapidité de vidage et la durabilité de l’installation. Un mauvais choix de siphon ou de diamètre de tuyau peut engendrer des glouglous, des refoulements ou des odeurs désagréables. Pour installer correctement une baignoire dans les règles de l’art, vous devez donc sélectionner des composants adaptés à la configuration de la salle de bain et au volume de la cuve.
Sélection du siphon adapté : modèle à câble, automatique ou clic-clac
Le siphon est l’organe clé de l’évacuation, à la fois pour le confort d’utilisation et pour l’étanchéité des odeurs. Trois grandes familles de commandes de vidage sont disponibles : le vidage à commande par câble (molette sur la bonde de trop-plein), le vidage automatique (actionné par une commande intégrée) et le système clic-clac (pression sur la bonde). Comment choisir ? Posez-vous la question de l’accessibilité et de la fréquence d’entretien.
Pour une baignoire familiale, le vidage à câble reste un excellent compromis entre fiabilité et simplicité de maintenance. Le système clic-clac, plus design, est apprécié en salle de bain contemporaine mais se montre parfois plus sensible aux dépôts de savon. Quel que soit le modèle retenu, privilégiez un siphon à grand débit (50 à 60 l/min) conforme à la norme NF, avec une garde d’eau suffisante. Vérifiez aussi la compatibilité avec la hauteur disponible sous la baignoire : dans les constructions récentes avec chape mince, un siphon extra-plat peut s’avérer indispensable.
Calcul du diamètre d’évacuation et respect de la pente minimale de 2 cm par mètre
Le dimensionnement de la canalisation d’évacuation repose sur deux paramètres essentiels : le diamètre et la pente. Pour une baignoire standard, le DTU 60.11 recommande un diamètre minimal de 40 mm, tandis que les baignoires balnéo ou à grand volume bénéficieront d’un Ø 50 mm pour évacuer plus rapidement. Imaginez l’évacuation comme une autoroute : plus le diamètre est important, plus le trafic d’eau circule librement, à condition que la pente soit correcte.
La pente minimale de 2 cm par mètre (soit 2%) doit être respectée sur toute la longueur du tube, entre la sortie de siphon et le raccordement à la colonne verticale. Une pente trop faible entraîne des stagnations, une pente trop forte provoque un écoulement trop rapide de l’eau sans entraînement des solides. Utilisez un niveau laser ou un niveau à bulle posé sur une règle pour tracer précisément votre pente avant collage des tubes PVC. N’hésitez pas à faire un montage à blanc, sans colle, pour valider la continuité de la pente et la bonne insertion des coudes.
Installation du té de raccordement PVC et dispositif anti-retour
Lorsque la baignoire partage son réseau d’évacuation avec d’autres appareils (lavabo, douche, lave-linge), le té de raccordement PVC devient un point stratégique. Choisissez un té à 45° plutôt qu’un té droit à 90° : l’écoulement sera plus fluide et moins bruyant. Positionnez le té de manière à limiter les contre-pentes et à garder un accès raisonnable en cas d’intervention ultérieure. Un marquage préalable et un repérage des niveaux vous éviteront les erreurs de collage.
Dans les configurations sensibles aux refoulements ou lorsque l’évacuation est connectée à un réseau collectif sous-dimensionné, l’ajout d’un dispositif anti-retour peut être judicieux. Ce clapet empêche les eaux usées de revenir vers la baignoire en cas d’engorgement en aval. Il se présente sous forme d’un module PVC inséré sur la canalisation. Assurez-vous qu’il soit facilement accessible par une trappe de visite et respectez scrupuleusement le sens de pose indiqué par le fabricant, sous peine de bloquer complètement l’écoulement.
Mise en place du trop-plein avec flexible de liaison étanche
Le trop-plein est un élément de sécurité souvent négligé, pourtant essentiel pour éviter les débordements lors d’un remplissage prolongé. La mise en place commence par la fixation de la grille de trop-plein sur la paroi de la baignoire, côté intérieur, à l’aide du joint fourni. Du côté extérieur, le corps de trop-plein est serré fermement, sans excès, afin de ne pas déformer l’acrylique. L’objectif est d’obtenir une étanchéité parfaite sans marquer le matériau.
Le flexible de liaison entre le trop-plein et la bonde doit ensuite être raccordé. Vérifiez que sa longueur permet un cheminement sans pli ni torsion, car un flexible écrasé se comporte comme un goulot d’étranglement. Serrez les colliers ou les écrous de liaison selon le système fourni par le fabricant. Comme pour le reste de l’évacuation, un test à l’eau claire avant la pose définitive de la baignoire (en versant de l’eau directement dans le trop-plein) permettra de s’assurer de l’absence de fuite.
Techniques de pose selon le type de baignoire : îlot, encastrée ou sur pieds
La méthode d’installation varie sensiblement selon que vous optez pour une baignoire îlot, encastrée ou sur pieds. Le principe hydraulique reste identique, mais la gestion des alimentations, de l’évacuation et de l’habillage change complètement. Vous hésitez encore sur le type de baignoire à choisir ? Les contraintes de pose peuvent être un critère déterminant, au même titre que l’esthétique.
Montage de la baignoire îlot avec robinetterie sur colonne et évacuation centralisée
La baignoire îlot est très prisée dans les projets haut de gamme pour son rendu visuel spectaculaire, mais son installation est plus exigeante. L’alimentation en eau et l’évacuation sont généralement centralisées au sol, sous la cuve. Avant toute chose, repérez précisément l’emplacement final de la baignoire et tracez l’axe de symétrie au sol. Les sorties d’eau chaude et froide, de même que la sortie d’évacuation, doivent être parfaitement positionnées par rapport à la colonne de robinetterie et au siphon.
Dans le cas d’une robinetterie sur colonne, le passage des canalisations se fait dans la chape ou le plancher, avec des fourreaux pour respecter le DTU et permettre la dilatation. L’évacuation centralisée nécessite parfois la création d’un socle technique pour gagner en hauteur et intégrer le siphon. Ce socle, soigneusement carrelé, peut aussi devenir un élément décoratif. Une fois les réseaux en place, la baignoire est posée, raccordée et vérifiée. Compte tenu de la faible accessibilité ultérieure, la qualité du test d’étanchéité est ici encore plus cruciale.
Installation de la baignoire encastrée avec châssis métallique et tablier de finition
La baignoire encastrée est souvent retenue pour optimiser l’espace et faciliter l’intégration du rangement et du carrelage mural. La technique classique consiste à poser la baignoire sur un châssis métallique ou sur des murets en maçonnerie hydrofuge, complétés par des tasseaux périphériques. La cuve doit reposer à la fois sur son piétement et sur ces appuis latéraux, ce qui répartit au mieux les charges et limite les déformations dans le temps.
Avant la pose définitive, positionnez à blanc la baignoire dans son futur emplacement et tracez les repères de hauteur sur les murs. Le châssis métallique ou les murets sont dimensionnés en conséquence, en respectant un espace technique suffisant pour le siphon et l’évacuation. Le tablier de finition peut être constitué de panneaux acryliques, de plaques de plâtre hydrofuge à carreler ou de panneaux prêts à carreler. Prévoyez dès cette étape l’emplacement de la trappe de visite, idéalement en façade, en dessous de la robinetterie ou du siphon, pour un accès simple en cas de fuite.
Fixation de la baignoire sur pieds ajustables avec vérinage et mise à niveau
La baignoire sur pieds ajustables reste la solution la plus répandue en rénovation, car elle s’adapte facilement aux petites irrégularités du sol. Après avoir vissé les pieds dans les inserts prévus sous la cuve, procédez à un réglage grossier de la hauteur. Placez ensuite la baignoire à son emplacement définitif et utilisez un niveau à bulle ou un niveau laser pour effectuer la mise à niveau longitudinale et transversale. Le vérinage consiste à ajuster finement chaque pied jusqu’à obtenir une stabilité parfaite, sans point de porte-à-faux.
Une fois le niveau obtenu, serrez les contre-écrous des pieds pour bloquer le réglage. Les rebords de la baignoire doivent reposer légèrement sur les tasseaux ou supports périphériques afin de partager la charge entre la structure de la cuve et les pieds. Un mauvais réglage à ce stade peut engendrer des craquements, voire des fissures, sous l’effet du poids de l’eau et de l’utilisateur. Pensez aussi à vérifier que la pente interne vers la bonde est correcte : une baignoire parfaitement de niveau mais mal conçue ou mal réglée pourrait retenir de l’eau stagnante au fond.
Raccordement hydraulique et étanchéité périmétrique de la baignoire
Une fois la cuve en place, l’enjeu principal est double : assurer un raccordement hydraulique fiable et traiter l’étanchéité périmétrique entre la baignoire et les parois. Ces deux aspects sont étroitement liés, car une micro-fuite peut rester invisible pendant des mois derrière le tablier avant de provoquer des dégâts importants sur la structure ou chez le voisin du dessous. Il est donc essentiel de travailler méthodiquement et de tester chaque connexion.
Assemblage du mitigeur thermostatique et raccords flexibles haute pression
Le mitigeur thermostatique est vivement recommandé pour une baignoire, tant pour le confort que pour la sécurité. S’il est mural, commencez par visser les raccords excentrés dans les sorties d’eau chaude et froide, en utilisant du fil d’étanchéité ou une pâte + fil agréés, puis ajustez l’entraxe et l’horizontalité. Présentez ensuite le corps du mitigeur, placez les joints plats dans les écrous et serrez progressivement avec une clé plate, sans excès pour ne pas abîmer le chromage.
Dans le cas d’une robinetterie montée sur la baignoire, vissez les flexibles haute pression fournis à la base du mitigeur, en respectant le code couleur (rouge pour l’eau chaude, bleu pour l’eau froide). Ces flexibles sont ensuite raccordés aux alimentations encastrées via des sorties murales ou des nourrices situées sous le tablier. Veillez à ce que les flexibles ne soient ni torsadés ni trop tendus, afin d’éviter les contraintes mécaniques à long terme. Une ouverture des vannes d’arrêt, suivie d’un contrôle visuel minutieux, permettra de s’assurer de l’absence de suintement autour des raccords.
Application du joint silicone sanitaire spécial zones humides
L’étanchéité entre la baignoire et les parois verticales est assurée principalement par un joint silicone sanitaire. Choisissez un silicone spécial pièces humides, fongicide et compatible avec l’acrylique, le carrelage et éventuellement le verre. Avant l’application, dégraissez soigneusement les surfaces avec un nettoyant adapté et séchez-les complètement. Pour obtenir un cordon régulier, masquez les bords avec du ruban de peintre, en laissant apparaître une bande de 5 à 7 mm.
Une astuce consiste à remplir la baignoire d’eau avant de réaliser le joint. Pourquoi ? Parce que la cuve va très légèrement se déformer sous le poids de l’eau, comme un pont suspendu sous le passage des voitures ; le joint sera ainsi posé dans la position la plus défavorable et ne se fissurera pas lorsque la baignoire sera à vide. Extrudez le silicone de façon continue le long du périmètre, puis lissez le cordon avec un doigt légèrement savonné ou une spatule adaptée. Retirez le ruban immédiatement, avant la formation de la peau, et laissez sécher au minimum 24 heures avant toute projection d’eau.
Pose de la bande d’étanchéité périphérique et membrane SPEC
Dans les salles de bain modernes, notamment en construction neuve ou en rénovation lourde, l’usage d’une membrane SPEC (Système de Protection à l’Eau sous Carrelage) est fortement recommandé autour de la baignoire. Cette membrane liquide ou en rouleau est appliquée sur les parois et parfois sur le sol autour de la zone de projection d’eau. Elle forme une barrière continue qui protège le support (plaque de plâtre hydrofuge, béton cellulaire, etc.) des infiltrations.
La bande d’étanchéité périphérique est positionnée à la jonction entre mur et rebord de baignoire, un peu comme un joint de dilatation dans le bâtiment. Elle absorbe les micro-mouvements relatifs entre la cuve et la cloison, là où un simple joint silicone pourrait se fissurer avec le temps. Après avoir encollé le support avec la résine SPEC, marouflez la bande pour chasser les bulles d’air. Une seconde couche de résine vient recouvrir le tout pour assurer une parfaite continuité de l’étanchéité avant la pose du carrelage ou des panneaux muraux.
Test de pression hydraulique à 10 bars et vérification des fuites
Sur les installations neuves, il est d’usage de réaliser un test de pression hydraulique pour valider l’étanchéité du réseau d’alimentation. Ce test, souvent effectué par un professionnel, consiste à monter en pression le réseau jusqu’à 10 bars pendant une durée donnée, en contrôlant l’absence de chute de pression. Si vous travaillez dans le cadre d’un chantier suivi par un bureau de contrôle, ce test peut être exigé pour la réception.
Pour un particulier, un test simplifié reste toutefois indispensable : ouvrez progressivement les alimentations, purgeez l’air du réseau, puis laissez couler l’eau chaude et froide pendant plusieurs minutes tout en inspectant chaque raccord (mitigeur, flexibles, sorties murales, siphon, jonctions PVC). Remplissez ensuite la baignoire jusqu’au niveau du trop-plein, attendez une quinzaine de minutes, puis videz-la d’un seul coup. Ce test dynamique permet de vérifier à la fois la tenue du siphon, des joints de la bonde, du flexible de trop-plein et de toute la ligne d’évacuation.
Habillage, finitions et mise en conformité réglementaire NF DTU 60.1
L’habillage de la baignoire et les finitions ne sont pas qu’une question d’esthétique : ils participent aussi à la protection des parois et à la conformité de l’installation. La norme NF DTU 60.1 encadre notamment la conception des réseaux d’évacuation, leur accessibilité et la gestion des points singuliers. L’objectif est d’obtenir un ensemble harmonieux, durable et facilement maintenable.
Installation du tablier en PVC, acrylique ou carreaux de faïence
Le tablier de baignoire peut être en PVC, en acrylique coordonné à la cuve, ou réalisé en maçonnerie ou plaques à carreler pour recevoir un habillage en faïence. Les tabliers préfabriqués en PVC ou acrylique ont l’avantage d’être légers, démontables et rapides à poser : ils se clipsent généralement sous le rebord de la baignoire et reposent sur des pattes de fixation réglables. Vérifiez toujours la verticalité et l’alignement avec les parois adjacentes pour éviter les jours disgracieux.
Pour un tablier carrelé, la mise en œuvre est plus proche de la construction d’un petit mur. Vous réalisez d’abord une ossature (maçonnerie légère ou structure métallique + plaques hydrofuges), en prévoyant l’emplacement de la trappe de visite. Une fois l’ossature stable et de niveau, appliquez un SPEC si nécessaire, puis posez le carrelage avec une colle adaptée aux pièces humides. L’épaisseur cumulée (support + colle + carreau) doit avoir été anticipée pour que le plan du tablier affleure parfaitement le rebord de baignoire.
Pose du carrelage mural avec joints hydrofuges et profils de finition chromés
La pose du carrelage mural autour de la baignoire a une double fonction : esthétique et protectrice. Commencez par définir un calepinage précis, en veillant à aligner les joints avec les éléments visuels forts de la pièce (bord de baignoire, fenêtre, miroir). Utilisez une colle carrelage spécifiquement formulée pour locaux humides, compatible avec le support préparé (plaque hydro, enduit ciment, membrane SPEC).
Les joints de carrelage doivent être réalisés avec un mortier-joint hydrofuge, idéalement enrichi en résines pour limiter l’absorption d’eau et la formation de moisissures. Aux angles sortants ou aux jonctions carrelage/baignoire, l’emploi de profils de finition chromés ou en aluminium anodisé permet d’obtenir une arête nette et durable. Ces profils servent un peu de « pare-chocs » aux chocs quotidiens, tout en apportant une touche décorative. Pensez à laisser un espace périphérique d’environ 5 mm entre le carrelage et la baignoire, qui sera comblé par un joint silicone souple.
Vérification de l’accessibilité de la trappe de visite pour maintenance
L’accessibilité de la trappe de visite est un point souvent oublié, alors qu’il est explicitement rappelé par les DTU. Cette trappe doit permettre d’accéder au minimum au siphon et aux principaux raccords d’évacuation, ainsi qu’aux flexibles de robinetterie si ceux-ci sont situés sous la baignoire. Idéalement, sa dimension ne devrait pas être inférieure à 20 x 20 cm pour autoriser le passage d’une main et d’un outil.
Dans le cas d’un tablier carrelé, la trappe peut être constituée d’un panneau amovible recouvert des mêmes carreaux que le reste, fixé par des aimants ou un système de clips. Une fois posée, vérifiez que l’ouverture est réellement praticable : un obstacle (piètement, tasseau, renfort) peut rapidement rendre cette trappe inutilisable. En anticipant correctement cette accessibilité, vous éviterez, le jour d’une fuite, de devoir casser le tablier pour intervenir sur un simple joint défectueux.
Tests de fonctionnement et réglages post-installation
La dernière étape de l’installation d’une baignoire consiste à vérifier son bon fonctionnement en conditions réelles. C’est un peu l’équivalent de l’essai routier après le montage d’un véhicule : tout semble en place, mais seul un test global permet de confirmer la fiabilité de l’ensemble. Prenez le temps de procéder méthodiquement, car une anomalie détectée à ce stade est encore facile à corriger.
Commencez par un test de remplissage : fermez la bonde, ouvrez le mitigeur en eau chaude puis en eau froide, et observez la stabilité du débit, la température de l’eau et l’absence de bruits anormaux dans les canalisations. Lorsque le niveau approche du trop-plein, surveillez attentivement la zone extérieure de la baignoire pour détecter d’éventuels suintements. Profitez-en pour vérifier la tenue mécanique du tablier et l’absence de vibrations excessives.
Videz ensuite la baignoire d’un coup en ouvrant complètement la bonde. L’eau doit s’évacuer rapidement, sans remontées dans d’autres appareils sanitaires et sans gargouillis persistants. Inspectez la ligne d’évacuation accessible via la trappe de visite, ainsi que les jonctions PVC, pour traquer toute goutte suspecte. Un chiffon sec passé sur les raccords est un bon indicateur : la moindre humidité trahit une fuite débutante.
Enfin, contrôlez visuellement tous les joints silicone et les raccords périmétriques. Si vous remarquez une zone où le joint semble creux, irrégulier ou mal adhérent, n’hésitez pas à le reprendre immédiatement, avant qu’il ne soit soumis aux contraintes quotidiennes. Vous pouvez aussi simuler des conditions réelles d’utilisation (douche au-dessus de la baignoire, éclaboussures volontaires sur les angles) pour vérifier l’étanchéité globale. Une fois ces tests validés, votre baignoire est prête à l’emploi, dans le respect des règles de l’art et des normes en vigueur.





