L’installation de parquet dans une salle de bain représente un défi technique qui suscite de nombreuses interrogations chez les propriétaires. Cette question légitime trouve aujourd’hui des réponses concrètes grâce aux innovations dans les matériaux et les techniques de pose. Le bois, matériau noble et chaleureux par excellence, peut effectivement trouver sa place dans les environnements humides à condition de respecter des contraintes spécifiques. Les fabricants proposent désormais des solutions adaptées qui allient l’esthétique du bois naturel aux exigences d’étanchéité des pièces d’eau.

Contraintes techniques et défis de l’installation de parquet en milieu humide

L’environnement de la salle de bain présente des conditions particulièrement exigeantes pour tout revêtement de sol. Les variations hygrométriques constantes, les écarts de température et la présence permanente de vapeur d’eau constituent autant de défis à relever pour garantir la pérennité d’un parquet. Ces contraintes nécessitent une approche technique rigoureuse et une sélection minutieuse des matériaux.

Taux d’humidité optimal et variations hygrométriques acceptables

Le taux d’humidité dans une salle de bain oscille généralement entre 60% et 80%, dépassant largement les conditions optimales pour le bois naturel qui se situent entre 45% et 55%. Cette différence significative peut provoquer des déformations importantes si les précautions nécessaires ne sont pas prises. Les essences de bois réagissent différemment à ces variations : certaines se dilatent considérablement tandis que d’autres présentent une stabilité dimensionnelle remarquable.

Pour maintenir un équilibre acceptable, l’installation d’une ventilation mécanique contrôlée (VMC) devient indispensable. Cette solution technique permet de réguler l’humidité ambiante et d’évacuer efficacement la vapeur d’eau générée par les douches et les bains. La mesure régulière du taux d’humidité à l’aide d’un hygromètre permet de s’assurer que les conditions restent dans une fourchette compatible avec la présence de bois.

Dilatation et rétraction du bois massif face aux écarts thermiques

Les variations thermiques dans une salle de bain peuvent atteindre 15 à 20°C entre les périodes d’utilisation et de repos. Ces écarts provoquent des phénomènes de dilatation et de rétraction du bois qui peuvent compromettre l’intégrité du revêtement. Le coefficient de dilatation varie selon les essences : les bois exotiques présentent généralement une meilleure stabilité que les essences européennes non traitées.

La mise en place de joints de dilatation périphériques devient cruciale pour absorber ces mouvements naturels. Ces espaces, d’une largeur comprise entre 8 et 12 mm selon la superficie de la pièce, permettent au parquet de « respirer » sans créer de contraintes mécaniques. L’utilisation de mastics souples et résistants à l’humidité assure l’étanchéité de ces joints tout en préservant leur fonction technique.

Problématiques d’étanchéité et infiltrations d’eau sous les lames

L’étanchéité constitue l’enjeu majeur de l’installation de parquet en milieu humide. Les infiltrations d’eau sous les lames peuvent provoquer des dégâts considérables : pourrissement du support, développement de moisissures et déformation irréversible du revêtement. La technique de pose collée en plein s’impose comme la seule solution viable pour garant

ée. Elle consiste à coller chaque lame de parquet sur un support préalablement préparé et rendu étanche. En complément, l’utilisation de joints de type pont de bateau en mastic polyuréthane entre les lames permet de créer une barrière continue contre les infiltrations d’eau. Cette approche limite fortement les risques de stagnation d’humidité sous le parquet, à condition de soigner également les relevés d’étanchéité au pied des murs, autour de la baignoire, du receveur de douche et des canalisations.

Pour renforcer cette protection, il est vivement conseillé de mettre en œuvre un système d’étanchéité sous carrelage (SPEC) ou une membrane d’étanchéité liquide avant la pose du parquet collé. Ce complexe, comparable à un « imper » sous le bois, assure que même en cas de sinistre ou de fuite, l’eau ne s’infiltrera pas dans la chape ou la structure du bâtiment. Vous limitez ainsi les dégâts structurels, tout en prolongeant la durée de vie de votre parquet de salle de bain.

Résistance aux projections d’eau et vapeur d’eau constante

Dans une salle de bain, le parquet est soumis à deux types d’agressions bien distincts : les projections directes d’eau (sortie de douche, éclaboussures au lavabo, débordements de baignoire) et l’exposition prolongée à une vapeur d’eau constante. Là où un carrelage se contente de sécher, le bois, lui, absorbe partiellement cette humidité, ce qui impacte à la fois sa structure interne et sa finition de surface.

Pour faire face à ces projections répétées, il est essentiel de créer des zones de protection supplémentaires : tapis absorbants en sortie de douche, pare-bains bien dimensionnés, ou encore pare-douche fixe limitant les éclaboussures. Pensez le sol comme un plan de travail en cuisine : plus vous limitez les zones directement exposées, plus vous facilitez la vie de votre parquet. Le choix d’une essence de bois dense et d’une finition adaptée joue également un rôle déterminant dans cette résistance quotidienne.

Concernant la vapeur d’eau, la clé réside dans l’équilibre entre émission et évacuation. Une VMC performante, associée à une aération naturelle régulière, évite que le bois ne reste en permanence dans une atmosphère saturée. Un peu comme une éponge que l’on laisse sécher entre deux utilisations, le parquet doit pouvoir retrouver un taux d’humidité « de repos » entre deux douches. Sans cette alternance, même le meilleur parquet hydrofuge finira par se dégrader prématurément.

Essences de bois et traitements adaptés aux environnements aquatiques

Le choix de l’essence de bois et des traitements associés constitue l’un des leviers majeurs pour réussir l’installation d’un parquet dans une salle de bain. Toutes les essences ne se valent pas en milieu humide : certaines gonflent et se fissurent rapidement, tandis que d’autres restent stables pendant des décennies. De la même manière, un même bois pourra se comporter de façon totalement différente selon qu’il est huilé, verni ou laissé brut.

Plutôt que de raisonner uniquement en termes de couleur ou d’esthétique, il convient de prendre en compte la densité du bois, sa classe de durabilité naturelle et sa capacité à supporter des traitements hydrofuges. Les fabricants indiquent généralement ces performances dans leurs fiches techniques, ce qui vous permet de comparer objectivement plusieurs références avant de trancher. Vous évitez ainsi de choisir un parquet « coup de cœur » qui ne serait pas compatible avec une salle de bain humide.

Bois exotiques imputrescibles : teck, ipé et bambou densifié

Les bois exotiques imputrescibles, comme le teck, l’ipé ou encore le bambou densifié, sont souvent considérés comme la référence pour un parquet en salle de bain. Leur densité élevée et leur forte teneur naturelle en huiles ou en tanins leur confèrent une excellente résistance à l’eau, aux champignons et aux insectes. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils sont aussi largement utilisés en terrasses extérieures, autour des piscines et sur les ponts de bateaux.

Le teck reste l’essence emblématique pour un parquet de salle de bain. Il présente une grande stabilité dimensionnelle, une faible réactivité aux variations d’humidité et une surface naturellement douce au contact du pied nu. L’ipé et d’autres essences tropicales denses offrent des performances similaires, avec parfois des teintes plus foncées et des veinages marqués. Le bambou densifié, quant à lui, résulte d’un procédé industriel qui compresse fortement les fibres de bambou pour obtenir un matériau très dur et stable, adapté aux milieux humides.

Il convient toutefois de rester vigilant sur l’origine de ces bois exotiques. La déforestation reste une problématique majeure dans de nombreuses zones tropicales. Privilégiez les parquets portant des certifications environnementales reconnues (FSC, PEFC) et informez-vous sur la traçabilité de la filière. Vous pourrez ainsi concilier performance technique, esthétique haut de gamme et approche responsable dans l’aménagement de votre salle de bain.

Traitements hydrofuges et vernis polyuréthane haute résistance

Au-delà du choix de l’essence, les traitements hydrofuges appliqués sur le parquet jouent un rôle essentiel dans sa capacité à résister à l’eau. Ces traitements, sous forme d’huiles, de lasures, de primaires ou de vernis, créent une barrière plus ou moins perméable entre le bois et l’humidité ambiante. Leur efficacité dépend autant de la qualité du produit que de la préparation du support et du respect des temps de séchage.

Les vernis polyuréthane haute résistance sont souvent mis en avant pour leur grande dureté de surface et leur capacité à protéger le bois contre les taches et les rayures. Ils forment un film continu sur le parquet, un peu comme une coque de protection. Cependant, en milieu très humide, ce film peut avoir un inconvénient majeur : il limite la capacité du bois à « respirer ». En cas de micro-infiltration d’eau par un joint ou un impact, l’humidité risque de rester piégée sous le film, avec apparition de cloques ou de blanchiments.

Les traitements hydrofuges non filmogènes, à base d’huiles spécifiques pour pièces humides, pénètrent en profondeur dans les fibres du bois sans créer de couche rigide en surface. Ils rendent le parquet hydrophobe, tout en laissant circuler la vapeur d’eau. Cette approche, plus « respirante », est souvent privilégiée pour un parquet massif en salle de bain, à condition d’accepter un entretien plus régulier. Dans tous les cas, il est important de suivre scrupuleusement les recommandations du fabricant concernant le nombre de couches, l’intervalle entre les applications et les produits d’entretien compatibles.

Parquet contrecollé avec âme HDF hydrofuge et parement noble

Le parquet contrecollé représente une alternative intéressante au parquet massif dans une salle de bain, notamment grâce à sa meilleure stabilité dimensionnelle. Composé d’une couche supérieure en bois noble (parement), d’une âme centrale en panneau de fibres (souvent HDF) et d’un contrebalancement, il réagit moins fortement aux variations d’humidité et de température. Cette structure en « sandwich » rappelle celle d’un vitrage isolant : chaque couche joue un rôle précis dans la performance globale.

Pour une utilisation en milieu humide, il est essentiel de sélectionner un parquet contrecollé doté d’une âme HDF hydrofuge. Ce panneau de fibres de haute densité, traité pour résister à l’eau, limite les phénomènes de gonflement en cas d’exposition ponctuelle à l’humidité. Certains fabricants proposent des lames dont les chants sont également traités ou munis de joints intégrés, renforçant l’étanchéité du système une fois les lames emboîtées.

Le parement noble, d’une épaisseur généralement comprise entre 2,5 et 4 mm, doit lui aussi être choisi dans une essence adaptée à une salle d’eau : chêne thermotraité, teck, bambou densifié ou autre bois dur et stable. Plus cette couche est épaisse, plus vous aurez la possibilité de rénover le parquet par ponçage en cas d’usure. C’est un critère important si vous envisagez une salle de bain avec parquet sur le long terme et que vous souhaitez préserver son aspect initial pendant de nombreuses années.

Finitions huilées vs vernies pour l’étanchéité en milieu humide

Le débat entre finition huilée et finition vernie est particulièrement vif lorsqu’il s’agit de parquet en salle de bain. Quelle est la solution la plus adaptée à une pièce d’eau ? La réponse dépend à la fois de vos attentes en termes d’esthétique, de facilité d’entretien et de comportement à long terme du bois. On peut comparer cela au choix entre une veste cirée et un coupe-vent technique : les deux protègent, mais pas de la même façon, ni avec les mêmes contraintes.

La finition huilée, très prisée pour les essences exotiques, pénètre dans le bois et le nourrit en profondeur. Elle met en valeur le veinage, offre un toucher chaleureux et permet au parquet de conserver une certaine capacité à réguler l’humidité. En cas de micro-rayures ou de zones ternies, une simple ré-huilage localisé suffit souvent à redonner éclat et protection. En contrepartie, cette solution nécessite un entretien régulier, avec un renouvellement complet de la couche d’huile une à deux fois par an selon l’usage et la ventilation de la salle de bain.

La finition vernie, qu’elle soit acrylique ou polyuréthane, forme un film protecteur continu à la surface du bois. Elle facilite grandement l’entretien quotidien : un simple passage de serpillière légèrement humide suffit, sans besoin de nourrir le support. En revanche, en cas de choc important ou de rayure profonde, la réparation est plus lourde, car il faut souvent poncer et revernir une zone plus importante pour éviter les différences d’aspect. De plus, comme évoqué précédemment, un vernis très filmogène peut se montrer moins tolérant aux variations hygrométriques extrêmes et aux infiltrations cachées.

Pour une salle de bain familiale très sollicitée, la finition huilée reste généralement privilégiée sur un parquet massif ou contrecollé adapté. Elle offre un bon compromis entre résistance, esthétique et possibilité de rénovation locale. Vous pouvez aussi envisager des solutions hybrides, comme des huiles-cires ou des vernis « effet huilé », qui tentent de marier le meilleur des deux mondes. L’essentiel est de vous assurer que le système de finition est explicitement validé par le fabricant pour une utilisation en milieu humide.

Solutions alternatives au parquet traditionnel pour salles de bain

Si l’idée d’un parquet en bois véritable dans une salle de bain vous séduit, mais que vous craignez encore les contraintes d’entretien ou les risques liés à l’humidité, plusieurs alternatives existent. Ces revêtements imitent l’esthétique du bois tout en offrant une résistance à l’eau souvent supérieure. Ils constituent des solutions pertinentes lorsque la pièce est très exposée (petite salle d’eau sans fenêtre, famille nombreuse, enfants en bas âge) ou lorsqu’on souhaite une pose plus simple et plus rapide.

Ces alternatives au parquet traditionnel permettent de concilier « effet bois » et tranquillité d’esprit. Lames PVC, stratifié étanche, carrelage imitation parquet ou encore parquet SPC : chacune de ces options possède ses propres atouts et limites. Le choix dépendra de votre budget, du type de support existant, du niveau de confort souhaité au pied et de la durée de vie attendue pour votre sol de salle de bain.

Parquet stratifié étanche classe 33 et système de pose flottante

Le parquet stratifié étanche de classe 33 fait partie des solutions les plus répandues pour donner un aspect parquet à une salle de bain, sans utiliser de bois massif. Il est composé d’un support HDF, d’une couche décor imitant le bois et d’une couche d’usure résistante à l’abrasion. Les produits spécifiquement conçus pour les pièces humides bénéficient en plus d’un traitement hydrofuge des chants et parfois d’un système de verrouillage renforcé pour limiter les infiltrations d’eau.

La classe 33 indique une résistance adaptée aux usages commerciaux intensifs, ce qui garantit une bonne tenue dans une salle de bain domestique très fréquentée. Le principal avantage de ce type de revêtement réside dans sa pose flottante clipsée, rapide et propre. Aucun collage n’est nécessaire, ce qui en fait une solution idéale en rénovation, notamment sur un ancien carrelage en bon état. Toutefois, pour préserver l’étanchéité, il est impératif de traiter soigneusement les joints périphériques et les passages de tuyaux avec des mastics adaptés.

Malgré ces progrès, un stratifié, même « waterproof », ne reste qu’un revêtement à base de fibres de bois compressées. En cas d’exposition prolongée à l’eau (fuite non détectée, inondation, stagnation permanente autour d’une douche non étanche), le risque de gonflement de l’âme HDF demeure. C’est pourquoi de nombreux professionnels recommandent de limiter ce type de produit aux salles d’eau correctement ventilées et de prévoir des zones carrelées au droit des douches à l’italienne ou des baignoires très sollicitées.

Lames PVC imitation bois avec chanfreins et texture réaliste

Les lames PVC imitation bois se sont nettement améliorées ces dernières années, au point de tromper l’œil au premier regard. Leur composition 100 % synthétique les rend insensibles à l’eau, ce qui en fait une option particulièrement rassurante pour un sol de salle de bain. Elles existent en version clipsable (pose flottante) ou à coller, avec des épaisseurs variant généralement entre 4 et 6 mm pour les produits destinés à l’habitat.

Les modèles haut de gamme proposent des chanfreins sur les quatre côtés des lames, ainsi qu’une texture en relief qui reproduit le veinage et les pores du bois. Le rendu visuel se rapproche alors beaucoup d’un parquet contrecollé, tout en conservant une excellente résistance à l’humidité, aux taches et aux impacts. De plus, le PVC offre un confort acoustique appréciable, en réduisant le bruit des pas et des chocs, ce qui n’est pas négligeable dans une petite pièce résonnante comme une salle de bain.

La pose de lames PVC en salle d’eau exige toutefois un support parfaitement plan, propre et sec. En pose collée, un ragréage préalable est souvent nécessaire sur les anciens supports irréguliers. En pose flottante, la sous-couche doit être compatible et adaptée aux pièces humides. Enfin, même si le matériau est étanche par nature, il reste indispensable d’assurer la continuité de l’étanchéité au niveau des plinthes, des seuils de porte et des jonctions avec les appareils sanitaires, pour éviter toute infiltration dans la structure sous-jacente.

Carrelage effet parquet grès cérame rectifié grand format

Le carrelage effet parquet en grès cérame rectifié s’impose comme la solution la plus durable et la plus résistante pour recréer l’ambiance d’un parquet dans une salle de bain. Totalement insensible à l’eau, aux taches, aux produits ménagers et aux chocs thermiques, il ne craint ni les éclaboussures répétées, ni la vapeur d’eau constante. C’est la solution privilégiée dans les salles de bain d’hôtels ou de spas, où l’on recherche avant tout la robustesse et la facilité d’entretien.

Les carreaux imitation bois sont disponibles en nombreux formats, dont des lames longues et étroites qui reproduisent fidèlement l’aspect d’un parquet traditionnel. Les modèles rectifiés, aux bords très droits, permettent de réaliser des joints fins (2 à 3 mm), renforçant l’illusion d’un véritable plancher de bois. Certains fabricants vont jusqu’à décliner des teintes « vieillies », des nœuds et des veinages aléatoires pour accentuer l’effet naturel.

Le principal inconvénient du carrelage effet bois réside dans sa sensation au toucher, plus froide qu’un véritable parquet. Ce point peut cependant être largement atténué par la mise en place d’un chauffage au sol, très fréquent dans les salles de bain contemporaines. En contrepartie, vous bénéficiez d’un revêtement quasi inusable, qui ne nécessite qu’un entretien minimal et qui restera stable esthétiquement pendant des décennies, sans risque de gonflement ni de déformation.

Parquet SPC stone plastic composite et couche d’usure renforcée

Le parquet SPC (Stone Plastic Composite) est une solution récente qui rencontre un succès croissant dans les pièces humides. Ce revêtement rigide se compose d’un noyau minéral (mélange de poudre de pierre et de PVC), d’une couche décor imitation bois et d’une couche d’usure transparente et résistante. Le résultat est un sol extrêmement stable, peu sensible aux variations de température, et totalement insensible à l’eau.

Le SPC se pose généralement en flottant, grâce à des systèmes de clipsage très performants. Son noyau rigide permet de masquer de petites irrégularités du support, tout en offrant une sensation de solidité proche de celle d’un carrelage fin. Certains modèles intègrent même une sous-couche acoustique pour améliorer le confort de marche et réduire le bruit des pas dans la salle de bain.

Grâce à sa couche d’usure renforcée, le parquet SPC résiste bien aux rayures, aux chocs et aux produits d’entretien courants. C’est une option intéressante lorsque l’on souhaite un revêtement très fin, compatible avec une rénovation sans modifier la hauteur des seuils de porte. Comme pour les lames PVC, l’étanchéité périphérique et le traitement des points singuliers demeurent indispensables, même si le matériau lui-même ne craint pas l’eau.

Techniques de pose et préparatifs du support en zone humide

La réussite d’un parquet dans une salle de bain ne dépend pas uniquement du matériau choisi. La préparation du support et la mise en œuvre de la pose sont tout aussi déterminantes. Un excellent parquet, posé sur un support mal préparé ou sans respect des règles d’étanchéité, se dégradera rapidement. À l’inverse, une pose rigoureuse sur un support sain et stable peut considérablement prolonger la durée de vie du revêtement, même dans un environnement très exigeant.

Avant toute chose, il est indispensable de vérifier l’état du support existant : chape béton, ancien carrelage, plancher bois… Chacun nécessite un diagnostic spécifique. Le support doit être propre, sec, plan (écart maximum de 5 mm sous une règle de 2 m) et exempt de remontées d’humidité. Si ce n’est pas le cas, des travaux de ragréage, de reprise de planéité ou de traitement contre l’humidité devront être entrepris avant de penser à la pose d’un parquet en salle de bain.

En milieu humide, la technique de pose la plus sécurisante pour un parquet bois reste la pose collée en plein, sur une colle adaptée à la largeur des lames et à l’environnement (colle polyuréthane ou polymère, par exemple). Ce type de collage assure une adhérence parfaite entre le parquet et le support, limitant les poches d’air et les espaces où l’eau pourrait s’infiltrer. Il convient également de mettre en place un système d’étanchéité sous le parquet (SPEC, membrane ou résine) afin de créer une protection continue au niveau du support.

Les joints périphériques et les points de traversée (pieds de baignoire, colonnes montantes, évacuation de douche) doivent faire l’objet d’un soin particulier. On utilisera des mastics souples compatibles avec les pièces humides, en veillant à ne laisser aucun interstice non protégé. Pour les zones les plus exposées, comme le pourtour d’une douche italienne, il peut être pertinent de combiner carrelage et parquet, afin de réserver le bois aux parties les moins directement en contact avec l’eau. Cette approche mixte permet de profiter du confort du parquet tout en maîtrisant les risques liés aux projections massives.

Réglementations DTU et normes d’étanchéité pour revêtements bois

L’installation d’un parquet dans une salle de bain ne relève pas uniquement du bon sens ou de l’expérience terrain : elle est aussi encadrée par des documents techniques unifiés (DTU) et des normes spécifiques. Ces textes précisent les conditions de mise en œuvre des revêtements de sol en milieu humide, afin de garantir à la fois la sécurité des occupants et la pérennité de l’ouvrage. Les professionnels du bâtiment s’y réfèrent systématiquement pour concevoir et réaliser leurs chantiers.

Pour les parquets bois en particulier, le DTU 51.2 (parquets collés) et le DTU 51.1 (parquets cloués) servent de bases réglementaires. En salle de bain, c’est le DTU 51.2 qui s’applique le plus souvent, la pose collée étant la seule véritablement adaptée aux pièces humides. Ces documents précisent notamment les critères de planéité, le taux d’humidité maximal du support, les types de colles utilisables et les dispositions de dilatation à respecter. S’y ajoute le DTU 52.2, qui traite des systèmes d’étanchéité sous carrelage (SPEC), souvent utilisés sous un parquet en salle de bain pour protéger la chape.

Au-delà des DTU, certaines normes européennes et françaises (comme la norme NF EN 13501 pour la réaction au feu, ou les normes relatives à la résistance au glissement) peuvent également entrer en ligne de compte selon le contexte du projet. Dans une maison individuelle, l’enjeu principal reste l’étanchéité et la prévention des désordres : infiltrations d’eau, moisissures, décollements. En respectant les recommandations des DTU et des fabricants, vous limitez fortement ces risques et vous vous assurez que votre parquet de salle de bain sera conforme aux bonnes pratiques professionnelles.

Enfin, en cas de recours à un artisan, vérifier qu’il travaille dans le respect des DTU et utilise des produits certifiés vous offre une garantie supplémentaire. En cas de sinistre lié à un défaut de pose ou à une non-conformité, ces éléments seront déterminants pour la prise en charge par les assurances. C’est une dimension souvent méconnue, mais essentielle lorsque l’on investit dans un parquet pour une salle de bain, pièce où les dégâts des eaux peuvent rapidement coûter très cher.

Entretien spécifique et durabilité du parquet en salle de bain

Une fois le parquet de salle de bain posé dans les règles de l’art, la question de son entretien quotidien devient centrale. Un parquet bois, même parfaitement adapté et bien installé, demandera toujours plus de soin qu’un carrelage. Cela ne signifie pas qu’il soit fragile, mais simplement qu’il convient d’adopter certains réflexes pour préserver sa beauté et sa durabilité. On peut comparer cela à l’entretien d’une voiture haut de gamme : elle offre un confort supérieur, mais nécessite des révisions régulières pour rester performante.

Le premier réflexe à adopter est de limiter autant que possible les stagnations d’eau. Essuyez rapidement les flaques après une douche, ramassez les éclaboussures importantes autour de la baignoire et évitez de laisser des tapis ou serviettes humides posés en permanence au sol. Un aspirateur ou un balai doux, complété par une serpillière légèrement humide, suffisent pour le nettoyage courant. Évitez les produits détergents agressifs, les nettoyants abrasifs ou les nettoyeurs vapeur, qui peuvent altérer la finition et ouvrir la voie aux infiltrations.

Selon le type de finition (huilée ou vernie), un entretien périodique plus poussé sera nécessaire. Pour un parquet huilé, prévoyez un ré-huilage partiel ou total une à deux fois par an, en utilisant des huiles spécifiques pour pièces humides. Cette opération permet de nourrir le bois, de renforcer sa résistance à l’eau et de raviver son aspect. Pour un parquet verni, l’entretien consistera plutôt à surveiller l’état du film de protection et à envisager, tous les quelques années, un léger égrenage suivi d’une nouvelle couche de vernis sur l’ensemble de la surface.

La durabilité d’un parquet en salle de bain dépendra enfin de la qualité de la ventilation et du chauffage de la pièce. Une VMC bien dimensionnée, un chauffage régulier évitant les chocs thermiques trop brutaux, et une aération naturelle fréquente prolongeront sensiblement la vie du revêtement. En respectant ces bonnes pratiques, un parquet bois ou un revêtement imitation parquet de qualité peut durer de très nombreuses années dans une salle de bain, tout en conservant son charme d’origine et en apportant cette chaleur visuelle et tactile que ne peuvent offrir les matériaux minéraux traditionnels.